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Bilan 2012: le BYOD

Le 13 déc 2012, par Mélaine | Point de vue

Le phénomène BYOD  (bring your own device): une mode au départ , le BYOD est devenu un réel projet d’entreprise afin de permettre l’accès à certaines couches d’un système informatique  telle  la messagerie en première intention, puis les tableaux de bord des ventes et pour finir la documentation métier.

Le BYOD, une réflexion globale qui reste encore à mûrir

Le BYOD (Bring Your Own Device) repose sur l’utilisation par le salarié de son matériel informatique personnel dans le cadre professionnel. Le support matériel par l’entreprise est alors limité, voire inexistant. Actuellement, l’utilisation de terminaux personnels dans les entreprises est déjà une réalité, mais force est de constater qu’elle reste peu encadrée et expose les grands comptes à des risques de sécurité.

Dans la majorité des entreprises, le BYOD est développé au travers d’une approche « Add & Use Your Own Device » en complément de l’offre « poste de travail » de l’entreprise. Ces terminaux personnels restent majoritairement des smartphones et l’utilisation de PC personnels se limite souvent à des populations préfiguratrices (ex. mise à disposition de PC virtuels pour des prestataires ou partenaires) ou à des déploiements au sein de PME, start-up ou sociétés dont l’IT est le cœur de métier (et le BYOD une vitrine).

Depuis 2011, le challenge posé par le BYOD a conduit la plupart des grands comptes à définir leur stratégie pour en maîtriser l’émergence. Ceci se traduit, pour les plus avancés, par l’utilisation d’un smartphone personnel pour accéder à la messagerie et au calendrier (JP Morgan et UBS), voire d’un PC personnel en remplacement de celui de l’entreprise (Cisco et Kraft Food).

C’est d’abord par la génération Y que le phénomène a vu le jour,  plus au fait et à l’aise avec les nouvelles technologies. Aujourd’hui, il s’agit d’un moyen pour la DSI  d’apporter plus de mobilité, de gain de temps et d’augmentation du ROI aux collaborateurs et à l’entreprise. Mais où en est-on réellement, les DSI ont-ils fait l’impasse sur les gros problèmes de sécurité?

Le BYOD ne concerne que peu de collaborateurs. Quelles raisons à cela?

  • la gestion multi OS, les coûts et les charges de gestion et paramétrage de ces outils
  • Le mode de travail avec les RSE, réseaux sociaux publics et autres plateformes de partage de données modifie (encore lentement pour certaines entreprises) en profondeur le rapport du collaborateur à l’entreprise et à ses responsabilités professionnelles.
  • La sécurité reste un frein majeur

Au sein des entreprises chacun considère ce phénomène du BOYD avec un œil différent. Les directions des ressources humaines y voient un moyen d’afficher leur modernité et d’attirer ainsi de jeunes talents, le management espère plus de réactivité et de productivité de ses équipes grâce à une connexion permanente avec l’entreprise, voire une réduction des coûts du SI. En revanche la direction juridique fait face à de nouvelles interrogations encore sans réponse sur une frontière entre vie privée et vie professionnelle de plus en plus floue et le DSI freine pour des raisons de sécurité mais aussi de complexité d’intégration au SI

S’adapter aux besoins utilisateurs… tout en réduisant les coûts

Le BYOD répond tout d’abord aux nouveaux modes de travail (mobilité, télétravail…) et de consommation IT des utilisateurs (usages grand public) et permet ainsi une transformation de l’image de l’offre de la DSI (innovation, ouverture, attractivité…).

Ce changement de modèle induit également une réduction du TCO (Total Cost of Ownership) à travers :

  • Un changement de périmètre de responsabilité et d’activités pour la DSI (transfert de coûts). Une partie de la charge actuellement confiée à l’exploitant informatique est transférée à l’utilisateur qui devient responsable de son terminal et autonome pour son support (ex. renouvellement de matériel, migration d’OS, etc.) à l’aide d’outils simplifiés (ex. self-support, booklets, FAQ…)
  • Un gain estimé de 10 à 25% du TCO, principalement sur l’exploitation et le support dans le cadre d’un périmètre de responsabilité clairement défini et d’une offre standardisée (ce gain inclut une valorisation de la compensation financière versée par l’entreprise à l’utilisateur, de l’ordre du coût matériel/logiciel actuellement supporté par l’entreprise)

Une problématique majeure : les ressources humaines

 

Cette démarche implique quatre chantiers à mener en parallèle (RH/juridique, infrastructures, standard d’accès aux applications et management des terminaux – support, outillage…).

Les deux prérequis incontournables à la généralisation du BYOD au sein de l’entreprise sont :

  • La nécessité de mener un chantier RH et juridique : à anticiper dans un contexte encore vierge de toute jurisprudence (ex. respect de la vie privée, discrimination interpersonnelle, risques et impacts sur les modalités de temps de travail, conventions collectives, accords télétravail entreprise/branche, responsabilités entreprise / utilisateur, charte d’utilisation…)
  • L’évolution des infrastructures réseau et sécurité (accès au SI depuis des locaux internes et externes) nécessitant des investissements initiaux conséquents

Selon le Gartner, si la sécurité n’était pas renforcé d’ici 2014 , les équipements amenés par les employés au bureaut (BYOD) auront un taux d’infection en virus et malware double de celui des machines contrôlées par l’entreprise.

Il reste encore quelques étapes à franchir avant que le concept devienne le quotidien de tous les salariés. Une chose est cependant certaine : le BYOD est déjà là, pour en tirer partie, il faut s’y mettre maintenant !

Pour l’heure pensez-vous que le « Bring your oxn Device » à part pour séduire les génies des technologies de la génération Y soit un bon investissement pour l’entreprise?

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